Comprendre le fonctionnement des transferts d’argent

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I/ Instruments de paiement

Les transferts de fonds et les instruments correspondants peuvent prendre de nombreuses formes. Les transferts peuvent être formels et utiliser un canal bancaire établi, ou informels et passer par un intermédiaire de type hawaladar. Les fonds peuvent être transférés sur la base d’un média « basse technologie », sur support papier, ou par le biais d’un média électronique, nécessitant un réseau étendu de centres de règlement et de chambres de compensation.

II/ La filière du transfert d’argent

Les différentes étapes d’une opération de transfert d’argent forment une filière, représentée à l’illustration 3. En veillant à l’efficience et à l’efficacité de chaque étape de la filière, les IMF (NDLR : Institution de MicroFinance) peuvent générer une valeur supérieure pour leurs clients et assurer le succès global de leur produit de transfert d’argent.

Si les IMF n’ont pas le contrôle sur chaque étape de la filière, notamment dans le cas où elles mettent en place une alliance commerciale avec une STA (NDLR : Société de Transfert d'Argent), il importe malgré tout qu’elles comprennent le processus de transfert d’argent dans sa globalité.

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III/ Marketing et vente des produits de transfert :

Le marketing des produits de transfert d’argent est particulièrement délicat, car il requiert de prendre en considération le client expéditeur comme le client bénéficiaire.

L’une des stratégies les plus efficaces pour les IMF réside dans un marketing ciblant des segments de clientèle spécifiques (par exemple des communautés ethniques pour les transferts d’argent des migrants, les salariés pour les paiements mensuels réguliers, les parents pour les frais de scolarité, etc.).

Sur les marchés offrant de nombreuses options en matière de transfert d’argent, l’information promotionnelle est souvent superficielle, et sa profusion peut s’avérer déroutante pour les clients. Les institutions qui réussissent sont celles qui savent identifier les avantages de leur produit (rapidité, commodité, prix, etc.) et mettre ces caractéristiques en valeur.

Dans les environnements où les services de transfert sont rares, le marketing est indispensable pour présenter le nouveau service à la clientèle. Dans tous les cas, un marketing ciblé et continu est la clé pour attirer de nouveaux clients.

De nombreuses institutions côté destinataires négligent le rôle crucial que joue le marketing côté expéditeurs dans la génération de transferts.

L’organisation de campagnes médiatiques bien financées est l’atout majeur des principales STA pour maintenir leur part de marché dominante. Les IMF partenaires de ces sociétés bénéficient de leurs actions de marketing. Quant aux IMF qui choisissent d’autres options, elles doivent compenser l’absence de mécanismes de marketing éprouvés (Isern, Deshpande, and van Doorn 2005).

Afin d’assurer sa croissance, une IMF doit se constituer une base de clientèle importante et active – et pour ce faire, elle doit proposer aux clients un produit qu’ils apprécient. Au niveau des services de détail, les transferts d’argent sont généralement des transactions de faible valeur, en particulier pour la clientèle type d’une IMF.

En conséquence, l’institution doit attirer un volume important de transferts d’argent pour atteindre le seuil de rentabilité et, en définitive, générer des profits. Par exemple, Anelik RU Co., Ltd. en Russie, a connu une croissance rapide de son programme de transfert d’argent, qui est passé de 400 000 transactions pour un volume de paiements de 155 millions de dollars en 2001, à plus de 1,8 million de transactions pour un volume de 830 millions de dollars en 2005 (Veronina 2006).

Si une IMF s’allie avec une société de transfert d’argent, en particulier en tant qu’agent payeur, il est à craindre qu’elle n’ait pas beaucoup de contrôle sur le volume des transferts d’argent. Cependant, dès lors qu’elle est en mesure d’attirer des clients qui expédient des transferts, intérieurs ou internationaux, l’IMF doit avoir mis en place un processus solide pour l’émission des ordres de transfert.

IV/ Mise en place des capacités institutionnelles :

A/ Élaboration d’une politique de transfert d’argent :

Pour assurer son succès, l’IMF doit élaborer une politique en matière de transfert d’argent et, une fois que cette politique a été approuvée par son conseil d’administration, la communiquer à l’ensemble du personnel. Il importe d’établir une feuille de route claire, pour garantie la gestion correcte des transferts, que l’IMF les expédie ou les reçoive. 

Des politiques et des procédures claires et bien définies sont essentielles pour une gouvernance et un contrôle efficaces de l’IMF et de ses activités de transfert.

Pour les transferts internationaux, l’IMF n’aura probablement d’influence que sur l’un des versants de la transaction. Par conséquent, elle doit veiller à la cohérence entre ses politiques et celles de ses partenaires, ou s’assurer que sa politique puisse facilement être mise en conformité.

L’IMF peut avoir davantage de contrôle sur les transferts intérieurs, mais doit tenir compte des politiques d’éventuels correspondants bancaires ou autres partenaires commerciaux. L’étendue et le degré de précision des politiques dépendent de la taille et de la complexité de l’institution.

Les petites institutions peuvent créer un document d’orientation central, tandis que les institutions plus importantes et plus complexes auront peut-être besoin de mettre au point des politiques spécifiques pour chaque produit. Les politiques claires et spécifiques augmentent la probabilité de respect des réglementations et d’efficience des opérations, et multiplient globalement les chances de succès dans le domaine du transfert d’argent.

De plus, les politiques et les procédures permettent de définir les responsabilités, fournissent un instrument de contrôle pour la gestion des risques, définissent les attentes et peuvent servir d’outil de formation. Les procédures doivent être révisées et actualisées régulièrement, en particulier chaque fois que l’IMF apporte des changements majeurs à ses opérations de transfert d’argent.

Une politique efficace en matière de transfert d’argent doit contenir les éléments suivants :

  • Définition des types de transfert pris en charge
  • Spécification des étapes requises pour chaque transfert
  • Définition de mesures pour garantir la sécurité de chaque transaction
  • Explication de la politique de prix
  • Désignation de l’autorité responsable de l’approbation
  • Définition des responsabilités parmi le personnel


De plus, la politique doit aborder les questions de la sécurité des données, du blanchiment d’argent, de la confidentialité et de la transparence.

Thème souvent négligé, la sécurité des données est un domaine à risque pour les transferts d’argent. L’IMF doit protéger ses données et garantir la sécurité des instructions de paiement car elles peuvent être la cible de tentatives de fraude, tant internes qu’externes.

Au vu du volume et du montant des transferts d’argent, les données doivent être sécurisées, si possible cryptées, et les niveaux de sécurité doivent être établis de façon à ce qu’un nombre limité de personnes aient accès à l’information et soient habilitées à modifier les instructions de paiement.

De plus, toute modification dans les instructions de paiement doit être documentée : le nom de la personne qui procède à la modification, la date et le motif doivent être consignés. Si elle établit des procédures fiables en matière de protection des données et s’assure de la conformité de ses opérations, l’IMF disposera d’une piste d’audit qui facilitera le repérage des erreurs ou des fraudes potentielles dans ses transactions.

Dans la plupart des pays, des exigences de plus en plus contraignantes sont imposées en matière de lutte anti- blanchiment et contre le financement du terrorisme (LAB/CFT), avec des implications importantes pour les IMF, les autres institutions financières et bien d’autres acteurs.

Les transferts d’argent sont considérés comme l’un des services financiers les plus à risque, et les autorités nationales et internationales en charge de la LAB/CFT portent une attention spéciale aux institutions qui offrent ces services. 

L’IMF doit s’informer des réglementations nationales et internationales en matière de LAB/CFT (Isern et al. 2005).

En général, ces exigences portent sur les éléments suivants :

  • Désignation d’une personne chargée de veiller au respect des réglementations
  • Mise en place de contrôles internes
  • Conservation et archivage des données
  • Suivi des transactions douteuses
  • Établissement de rapports à l’intention des autorités nationales


Les activités de l’IMF peuvent couvrir deux pays ou plus, ou l’IMF peut avoir conclu une alliance avec une STA qui opère sur toute une région ou dans le monde entier. Dans ce cas, l’IMF doit déterminer quelles sont les normes en matière de LAB/CFT qui s’appliquent à ses opérations.

B/ Problèmes relatifs à la gestion de l’information :

Les systèmes d’information de l’IMF doivent être en mesure de gérer le volume d’ordres de transfert et de garantir la sécurité des transactions. Le SI doit également pouvoir être mis en relation avec ceux des partenaires commerciaux, tels que les STA internationales et les correspondants bancaires, et de générer les rapports exigés par les autorités nationales.

Par exemple, lorsque BancoSol en Bolivie a décidé de mettre fin à sa relation d’agent secondaire pour Western Union, elle a conclu des alliances commerciales avec de petites et moyennes sociétés de transfert d’argent. 

Pour réaliser ces transformations, BancoSol a dû mettre en place une base de données destinée à la réception et à l’intégration des informations de transaction de ses nouveaux partenaires. Souvent, les STA internationales ont leurs propres logiciels ou bases de données qu’elles fournissent à leurs partenaires pour les aider à gérer les transactions. Cependant, ces systèmes ne sont pas toujours adaptés.

Par exemple, l’institution paraguayenne Financiera El Comercio, qui opère en tant qu’agent de Western Union, n’a toujours pas réussi à télécharger les données de transaction et à les intégrer dans son propre système d’information.

L’IMF a besoin d’un SI performant, bien intégré à son système de comptabilité, en particulier lorsque les volumes de transactions augmentent. À l’intérieur de l’IMF comme dans les systèmes de ses partenaires commerciaux, les données doivent être sécurisées au moyen de limites, mots de passe et pistes d’audit adéquats.

Les droits d’accès et de modification des données doivent être strictement définis.

Les données sur les clients doivent être protégées pour garantir la confidentialité et minimiser les risques de vol, de fraude ou d’autres utilisations abusives des informations.

V/ Emission et financement des ordres de transfert :

A/ Sélection du mécanisme de transfert :

L’institution émettrice décide du mécanisme de transfert optimal, en fonction des préférences du client, des options qui s’offrent à elle et du contrat passé avec le client.

Le choix du mécanisme de transfert est généralement influencé par les critères suivants :

  • S’agit-il d’un transfert d’espèces à espèces, de compte à compte, ou d’un mélange des deux ?
  • Est-il ponctuel ou récurrent (mensuel, trimestriel) ?
  • Est-il urgent (l’argent doit-il être disponible le jour-même pour le bénéficiaire) ?
  • S’agit-il d’un montant faible ou élevé ?
  • S’agit-il d’un transfert local ou longue distance ?
  • S’agit-il d’un transfert intérieur ou international ?
  • Le canal de transfert est-il facilement accessible pour l’expéditeur et le bénéficiaire ?
  • Combien le transfert va-t-il coûter aux deux parties ?
  • Quels sont les risques impliqués ?



B/ Financement du transfert d’argent :

Les transactions de transfert d’argent doivent être financées avant leur exécution. Les clients utilisent généralement des espèces, des chèques, des cartes ou des transferts de fonds sur un compte à leur nom. En plus du montant du transfert, les clients doivent régler le coût de la prestation.

En général, les clients expéditeurs paient la totalité du coût du transfert, même s’il peut exister d’autres frais (formels ou non) à la charge des clients bénéficiaires. La tarification tout au long des canaux de transfert d’argent manque souvent de transparence, si bien qu’il est difficile pour les expéditeurs de comparer les différentes options avant de faire leur choix.

Par exemple, certains services convertissent la transaction en dollars quel que soit l’endroit où ils opèrent, générant ainsi des frais de change lors de l’encaissement puis lors du paiement au bénéficiaire – soit des frais de change doubles pour les clients.

La monnaie de transaction peut être déterminée par un mécanisme de contrôle des changes appliqué à la monnaie nationale. Les IMF doivent connaître les réglementations applicables et les restrictions liées à la monnaie.

Les facteurs de coûts pour les clients comprennent des coûts directs et des frais indirects.

Les coûts directs sont les suivants :

  • Frais minimums
  • Frais supportés par l’expéditeur ou le bénéficiaire
  • Frais d’autorisation
  • Commissions
  • Frais de change


Les coûts indirects sont les suivants :

  • Déplacement jusqu’au point de prestation du service et retour
  • Appel téléphonique pour prévenir le bénéficiaire de la transaction
  • Taux de change défavorable souvent appliqué par les banques et les STA
  • Maintien d’un solde minimum ou frais de gestion d’un compte



C/ Émission de l’ordre de transfert :

Une fois que le canal a été choisi et que le transfert est financé, l’étape suivante consiste à initier l’ordre de paiement ou de transfert. En général, cette étape se déroule dans une agence de l’institution émettrice.

Il s’agit de la méthode la plus courante pour les transferts d’argent de détail. L’ordre de transaction est passé au moyen d’un formulaire, soit manuel, soit électronique, rempli par le client, généralement avec l’aide d’un agent commercial.

L’agent initie ensuite le transfert selon les procédures en vigueur, qui peuvent varier en fonction de la taille et de la complexité de l’institution. Lorsqu’une IMF collabore avec une autre institution, telles qu’une banque ou une STA, elle a généralement peu d’influence sur les procédures d’émission du transfert.

S’il s’agit actuellement de la méthode la plus courante pour initier un transfert, la technologie progresse rapidement, et les méthodes sont appelées à évoluer à mesure que de nouvelles formes de transfert d’argent apparaissent.


VI/ Envoi, compensation et règlement des ordres de transfert :

La façon dont le transfert est acheminé de l’expéditeur au bénéficiaire dépend de l’instrument de paiement et du mécanisme de transfert. La compensation est une étape délicate de la filière du transfert d’argent.

Dans les pays disposant de systèmes bancaires centralisés dominés par un petit nombre d’institutions, l’expéditeur et le bénéficiaire disposent parfois de comptes dans la même institution, si bien qu’aucune opération interbancaire n’est nécessaire.

Mais le plus souvent, les expéditeurs et les bénéficiaires ont affaire à deux institutions différentes, ce qui implique des mécanismes de compensation et de règlement.

La compensation est le processus de transmission, de rapprochement et, dans certains cas, de confirmation des transactions avant leur règlement final (voir illustration 4). Cette étape comprend un échange d’information entre l’institution émettrice et l’institution réceptrice, ainsi que le calcul des sommes à payer par ces deux institutions.

Il en résulte une transaction de paiement complète entre l’émetteur et le récepteur, ainsi qu’une créance en bonne et due forme habilitant l’institution réceptrice à percevoir des fonds de l’institution émettrice.

Le règlement est le processus de libération des créances des institutions impliquées dans le transfert. Il implique un paiement de l’institution émettrice à l’institution réceptrice.

Cette étape comprend la collecte des créances et le contrôle de leur intégrité, le contrôle de la disponibilité des fonds nécessaires au règlement, le règlement des créances entre les deux institutions, l’enregistrement du règlement et la communication du règlement final.

La plupart des activités du processus de compensation restent invisibles pour les usagers car elles s’opèrent en coulisse. Néanmoins, il est essentiel pour une institution de bien comprendre le processus de compensation et de règlement, qu’elle y participe directement ou non.

Les problèmes qui apparaissent au niveau des établissements émetteurs ou récepteurs, ou au cours du processus de compensation, peuvent entraîner des pertes d’exploitation conséquentes. Le traitement d’une transaction de routine par une CCA (chambre de compensation automatisée) aux États-Unis coûte moins de 0,01 dollar, mais le coût des activités nécessaires pour isoler et corriger une erreur même minime dans une transaction peut excéder 30 dollars.

Une petite erreur survenant au cours de l’émission d’un grand nombre de petites transactions, par exemple, peut créer un écart considérable, avec des répercussions pour toutes les parties prenantes. Il est donc vital pour l’IMF de comprendre le processus de compensation même si elle n’y participe pas directement.

Quatre types d’accords institutionnels sont appliqués pour la compensation des instructions de paiement :

  • Compensation « interne » : les comptes à débiter ou à créditer sont gérés par la même institution financière. Dans ce cas, l’échange d’informations et le calcul des soldes au cours du processus de compensation sont effectués par la même institution.

  • Accords de compensation bilatéraux : deux institutions financières passent un accord sur l’échange d’information et le transfert de fonds entre les comptes qu’elles gèrent.

  • Accords de compensation impliquant un tiers : les institutions financières ont recours à une tierce partie (une autre institution financière appelée « correspondant ») pour la compensation. Une ou plusieurs institutions transmettent les ordres de paiement au correspondant à des fins de tri et de traitement.

  • Accords de compensation multilatéraux : des institutions financières échangent des informations et, dans certains cas, des fonds avec d’autres institutions financières par le biais d’organismes tels que des chambres de compensation, qui gèrent des mécanismes centraux de compensation et peuvent également jouer le rôle de partenaire central pour le règlement des obligations de paiement, dans le cadre d’un accord de réseau multilatéral.


Les accords multilatéraux permettent une coordination plus efficace de l’échange des instructions de paiement entre plusieurs institutions, ainsi que de meilleures économies d’échelle dans l’exploitation des réseaux de communication et la prestation de services de traitement.

Le nombre de transactions de compensation et d’institutions financières impliquées sont les principaux facteurs déterminant l’efficacité des divers types d’accord de compensation.


VII/ Réception des ordres de transfert d’argent :

La remise de l’argent aux bénéficiaires constitue l’une des étapes les plus importantes des transferts d’argent. Alors qu’une grande diversité de choix s’offre aux expéditeurs en matière de systèmes de transfert, les transferts intérieurs et internationaux s’opèrent souvent à destination de régions moins développées, où les options pour la réception des fonds sont plus limitées.

Pour les transferts d’argent internationaux, le rôle d’une IMF, au moins dans les premiers temps, se concentrera plus probablement au point de réception. Pour les transferts intérieurs, l’IMF peut être impliquée sur les deux versants, au niveau de l’expédition comme de la réception.

Le canal de réception d’un transfert d’argent dépend du type d’instrument de transfert et du système de compensation utilisé.

Ces canaux peuvent être répartis en deux grandes catégories : physiques ou électroniques. Les canaux physiques utilisés pour acheminer les ordres de paiement sont le transport personnel et le courrier.

Les instruments de transfert qui empruntent ces canaux physiques comprennent les devises, les chèques, les mandats, les travellers chèques, les cartes de débit, les cartes de crédit et les cartes prépayées.

Les canaux électroniques sont ceux qui permettent la réception des transactions sous forme de fichiers électroniques, depuis les systèmes de compensation, par téléphone et par Internet.

L’institution réceptrice peut être une banque commerciale, une IMF, une caisse d’épargne, une banque postale ou un autre prestataire de services financiers. Dans la plupart des cas, ces fichiers ne contiennent que les instructions pour le transfert de fonds : le flux d’argent proprement dit emprunte des canaux de règlement distincts.

Il peut y avoir un décalage temporel de plusieurs jours, voire d’une semaine ou plus, entre ces deux flux. Dans cet intervalle, l’institution réceptrice est exposée à un risque de règlement, car elle peut être amenée à payer un ordre de transfert au bénéficiaire avant de recevoir le crédit des fonds.

Pour limiter ce risque, l’institution doit accorder une grande attention au rapprochement entre les transactions entrantes et leur règlement.

Dans l’idéal, l’institution qui exécute les transferts d’argent doit être en mesure d’informer ses clients lorsque le transfert arrive ; ce service de notification peut être inclus dans la prestation standard ou constituer un service supplémentaire.

Les bonnes pratiques recommandent de contacter le bénéficiaire du transfert, car le coût de cette notification est généralement moins élevé que celui des interruptions causées par des prises de contact répétées des clients qui souhaitent savoir si leur argent est arrivé.

Ces notifications peuvent se faire par téléphone, ou par le biais d’une notification automatique par e-mail, SMS, ou appel téléphonique. Toutefois, lorsque l’institution joue le rôle d’agent payeur d’une STA, elle ne dispose pas toujours d’informations sur le client bénéficiaire.

Dans ce cas, elle ne connaît pas le client avant qu’il ne se présente dans son agence avec le code lui permettant de percevoir le transfert d’argent.


VIII/ Paiement au bénéficiaire :


Les fonds d’un transfert d’argent authentifié peuvent être payés au bénéficiaire en monnaie locale, en monnaie étrangère (si la réglementation le permet), par chèque ou par une inscription au crédit d’un compte auprès de l’IMF. Le paiement peut avoir lieu dans une agence de l’institution réceptrice, par livraison spéciale au domicile du client, auprès d’un agent de détail, à un guichet automatique ou par l’inscription au crédit d’un compte.

Les options disponibles pour le paiement dépendent du réseau d’agences, des systèmes et des alliances commerciales de l’IMF. Actuellement, la plupart des transferts sont payés en espèces, en devises ou par dépôt sur le compte du client bénéficiaire. Les IMF doivent être très attentives au paiement des ordres de transfert d’argent.

Les coûts de mise en place et d’entretien des infrastructures de paiement sont considérables et sont influencés par des facteurs multiples : implantation géographique des agences, gestion des liquidités, horaires d’ouverture, personnel, guichets automatiques, comptabilité et contrôles internes.


IX/ Service à la clientèle

Le service à la clientèle est l’étape finale de la filière du transfert d’argent. Il recouvre des activités telles que la réponse aux questions des clients, la diffusion d’informations sur les services de transfert ou d’autres services financiers proposés, l’organisation d’événements spéciaux, la gestion des comptes et le règlement des problèmes.

Un service à la clientèle efficace – auprès des expéditeurs comme des bénéficiaires – est essentiel pour le succès d’un programme de transfert d’argent, car il favorise la confiance, la fidélisation et donc l’utilisation répétée du service.

Lorsqu’elles décident d’offrir des services de transfert d’argent, les IMF doivent adapter leur approche de la relation client. Les services de transfert d’argent établissent un type de relation différent : pour les transferts d’argent, comme pour l’épargne, les IMF doivent gagner la confiance de leurs clients, alors que dans le domaine des prêts, ce sont les clients qui doivent gagner la confiance de l’IMF.

La perception de la qualité du service est influencée par de nombreux facteurs, notamment :

  • l’attitude du personnel lors de la prestation de services ;
  • les horaires d’ouverture des agences ;
  • la situation géographique des agences et leur apparence ;
  • la durée moyenne d’acheminement d’un transfert, qui comprend la réception de l’information de transfert transmise par l’agent émetteur et le temps d’attente avant que le bénéficiaire puisse venir encaisser le paiement (ou le recevoir à domicile, si ce service est proposé) ;
  • la forme de la communication avec les clients ;
  • la façon dont les problèmes sont traités et la rapidité de leur règlement ;
  • la disponibilité de liquidités suffisantes pour permettre à l’IMF d’effectuer les paiements à la demande.

Un service à la clientèle efficace doit être rapide, honnête et transparent.


X/ Gestion des risques :

Toute nouvelle entreprise implique de nouveaux risques et de nouvelles difficultés pour une IMF. Cela ne doit pas décourager l’institution de s’engager dans les services de transfert d’argent, mais elle doit examiner soigneusement les risques induits et, si nécessaire, mettre en place un plan d’action pour les contrer.

La gestion des risques consiste à identifier, à mesurer, à surveiller et à réduire les risques. Les IMF gèrent déjà les risques associés à leurs produits existants, mais elles ne sont pas toujours au fait des risques spécifiques inhérents aux transferts d’argent.


XI/ Problèmes relatifs à la gestion des liquidités :

Une IMF qui n’offre que des produits de crédit ou des services de dépôt limités peut gérer ses liquidités de façon assez informelle : elle se procure les liquidités nécessaires pour couvrir les demandes de prêt et recycle les liquidités perçues pour couvrir ses besoins de trésorerie.

L’évaluation des besoins de liquidités est relativement simple dans une IMF offrant exclusivement des services de crédit, car la demande des clients et les décaissements de prêts sont faciles à anticiper.

Cependant, les transferts d’argent ajoutent une nouvelle dimension à la gestion des transactions en liquide : les liquidités doivent être disponibles au bon moment, mais la saisonnalité et les schémas des flux de transferts peuvent ne pas coïncider avec les besoins de liquidités induits par les services de crédit et d’épargne.

Prenons l’exemple d’une institution membre de WOCCU en Amérique centrale : elle décaisse habituellement plus d’un million de dollars par jour pour les transferts d’argent, avec des pointes qui doublent ou triplent ce montant le lundi matin, les veilles de vacances et les lendemains de jours fériés.

La gestion de l’argent liquide accroît le risque d’exploitation pour une IMF. Même si la valeur moyenne des transactions reste faible, les procédures doivent être formalisées et rigoureusement exécutées.

Il existe des risques importants d’erreurs ou de fraude de la part des employés, qui peuvent entraîner des pertes d’exploitation considérables pour l’IMF.

De plus, l’institution est exposée à un risque de vol et de cambriolage plus important, en particulier lorsque tout le monde sait qu’elle détient des liquidités.

Toute institution qui verse ou reçoit des espèces doit maintenir un stock de monnaie suffisant pour répondre aux besoins quotidiens des clients aux guichets, aux guichets automatiques et aux autres points de service.

Une mauvaise gestion des liquidités peut entraîner l’insatisfaction des clients et une perte d’image de marque pour l’institution.

Le maintien d’un stock suffisant pour répondre à toutes les demandes potentielles est coûteux en termes de gestion physique et de coûts d’opportunité.

Pour régler ces problèmes, l’IMF doit tenir des comptes complets de tous les mouvements de trésorerie quotidiens, afin de pouvoir analyser ses flux de trésorerie dans le temps. Sur la base de cette analyse, elle peut concevoir un plan de gestion des liquidités. Des logiciels de gestion de trésorerie sont également disponibles.


Source : Extraits GCAP, 2007, 2008.

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